Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Trouble en eau trouble

Publié le par Scapildalou

Trouble en eau trouble

Monsieur et madame Sleksyk-bourricot ont un fils, comment s'appelle-t-il ?

...

Bon, passons. Je viens de tomber sur l'article suivant, intitulé Les personnes dyslexiques auraient peut-être joué un rôle important dans la survie de notre espèce.

L'article qui est un article d'opinion et qui n'est pas de la science s'inscrit dans une logique, qui a tardé a émerger, de dédramatisation de la dyslexie et des troubles dits 'dys' en général.

Je pense à ce titre que vous avez la réponse à la question en incipit : le fils s'appelle Teddy. Teddy Sleksyk-bourricot !

Je vais peut-être gacher le plaisir mais le fond de cet article ne vaut pas grand chose. Il s'appuie sur un évolutionisme et une psychologie positive que de je déplore. Je déplore l'évolutionnisme ici car ce fameux pseudo évolutionnisme, cette mauvaise lecture du Darwinisme qui correspond en épystémologie bien plus à l'eugénisme qu'à la théorie de l'évolution telle que pensée par Darwin. Ce qu'il faut savoir, c'est que la théorie de l'évolution et les citations dans le texte de Darwin, en fac de psycho, je ne les ai eu qu'en psychologie du développement sur la question de la solidarité humaine. Les neurosciences qui s'appuient presque exclusivement sur la théorie de l'évolution ne nous en avait pas touché un mot. Je pense au final qu'ils n'y connaissaient rien...

La théorie de l'évolution de Darwin est assez bien ficelée, le gloubiboulga qui en a été fait et qui nous est resservi au quotidien en est plutôt éloigné. Enfin, parmis les trois grands qui ont fait vasciller la sciences qui sont Darwin, Marx et Freud, Darwin est peut-être celui qui s'est globalement le plus trompé, mais sa discipline, la biologie, était amené à un tel avenir que le travail en détail des réflexions de Darwin ne pouvait qu'amener à ce résultat.

Dire “les dyslexiques auraient peut-être joué un rôle dans la survie de l'espèce” c'est faire plusieurs erreurs d'un coup. Le 'peut-être' est ce genre de phrase à bannir d'un article scientifique. Si vous voulez énerver un épystémologue, vous mettez 'peut-être' dans un texte. Ça marche à tous les coups. On est à deux doigts d'une lapalissade de grand style, d'un sketch des Deschiens, mieux vaut donc éviter le peut-être si on veut paraître sérieux. “Ah bah peut-être heine. Ou pas... On sait pas... peut-être que la dyslexie ça n'a pas aidé en fait...” On fait de la science, pas les dialogues de Bienvenue chez les ch'ti.

Donc retenons un énnoncé “scientifique” qui constitue l'hypothèse détaillée par l'auteur : la dyslexie a joué un rôle dans la survie de notre espèce. Ça, c'est de la science. Pas de “peut-être”, pas de conditionnel (ce foutu 'aurait') qui ne peut trouver sa place que dans la discussion et l'ouverture d'un texte scientifique, fut-il de vulgarisation. Le conditionnel va servir à poser des hypothèses en conclusion pour une ouverture sur de futures recherches, rien d'autre. Sinon on retombe dans l'approximation.

Retenons donc : la dyslexie a joué un rôle dans la survie de notre espèce – nous avons dit qu'il s'agissait là d'un énnoncé inacceptable en ce qu'il repose sur une mauvaise lecture du Darwinisme, à savoir une lecture fonctionnaliste et presque téléologique. Une vraie question de départ en tête d'un article serait par exemple : le rôle de la dyslexie/fonction de la dyslexie ou dans quelle mesure la dyslexie a soutenu l'espèce dans ses modalités d'existence.

Oui, parce qu'une hypothèse sous-jacente et aujourd'hui heureusement batue en brèche, c'est que l'homme dit préhistorique et que je nomme pour ma part l'humain archéo-symbolique aurait été en lutte permanante pour sa survie, dans la peur et la terreur totale à chaque instant. Je ne le pense pas, et de moins en moins d'anthropologues le pensent non plus. Et ce n'est pas rien de le dire, car ça voudrait dire que la dyslexie est un reliquat de l'évolution, or je ne pense pas que la dylexie soit à placer au rang des polis du nourrisson comme un reliquat de l'évolution qui ne serve à rien, qui soit là comme un article échappé par quelque hasard du musée. Si la dyslexie est présente actuellement, c'est bien qu'elle a toujours une fonction, en d'autre termes, qu'elle sert et qu'on s'en sert. C'est là que l'article avance quelque chose que j'aime bien, lorsque l'auteur accolle 'dyslexie' à 'normalité'.

Dans ma pratique quotidienne, en effet, je regarde dans quelle mesure la dyslexie est en rapport avec une certaine normalité.

Mais avant d'aller plus loin, je disgresse mais je suis encore au café, regardons ce lien qui est fait par l'auteure entre “dyslexie” et “ouverture au monde”.

L'auteure fait un lien entre ce que elle et moi nommons pour l'occasion ensemble “la dyslexie” (je dis pour l'occasion car l'emploi de cette catégorie étiologique me facilite la tâche et m'évite de passer pour un extra terrestre ou un scientifique bouté hors du laboratoire) et ce que je nomme personnellement et ce n'est pas le cas de l'auteure “le rapport au monde”.

La dyslexie s'inscrit donc dans un rapport au monde et donc, au savoir. La dyslexie a une fonction, elle et utilisée, elle caractérise un type de rapport au savoir. Ça, c'est une belle hypothèse que défendent de larges pends des sciences de l'éduc et de la psychologie et qui n'ont pas attendu les neurosciences pour avancer ces hypothèses.

D'ailleurs, notons que ces recherches reposent en bonne part sur la psychodynamique (Freud camarades, Freud...)

Ces travaux, que ce soit la clinique du savoir dans laquelle je m'inscrit de plus en plus ou bien du côté des sciences de l'éduc chez Bernard Charlot, la dyslexie est le symptôme d'une dynamique (et non d'une DYSfonction) de la personne dans le rapport au monde. Or le rapport au monde de l'enfant est déterminé par son enfance, la relation à la dynamique familiale et surtout à la mère. Pour travailler avec des nourrissons actuellement, je me rend compte que ces travaux accordent bel et bien toute la place qu'il revient à la dynamique d'ouverture sur le monde qui intervient dès les premiers jours de vie.

Le rapport au père entendu dans le sens de “fonction paternelle”, c'est-à-dire le rapport à la règle, à l'impossible et à ce que vient signifier l'impossible (entre angoisse et perversion) n'est pas moins déterminant un peu plus tard, lorsque le nourrisson devient petit enfant capable de se promener sur ses guibolles potelées.

 

Conclusion :

C'est bien si les neurosciences évolutives viennent à leur tour placer la dyslexie dans le champ de la normalité et non pas comme une maladie à traiter, en concluant au passage qu'il faut redresser les gamins, comme s'ils étaient porteur à leur dépend d'une maladie. “C'est pas de ta faute si tu es dys, mon fils !”

Bah voilà une bonne façon de nous préparer un futur dépressif ! Après ça, il n'y aura plus qu'à arrêter de dire aux DYS qu'ils sont DYS, et on aura fait un grand pas. D'ailleurs je suis content de voir sur les réseaux sociaux passer des posts qui critiquent les neuropsy et leurs diagnostics de dys, posés à la pelle comme s'il en pleuvait ! ET notons au passage que porter un diagnostic de DYS, c'est aussi simple que de s'appeller Teddy Slekyk-Bourricot ! Ça vous colle à la peau tous les jours.

C'est bien aussi si la dynamique de l'article sur lequel se base le rpésent papier et qui place la dyslexie non pas comme un trouble personnel causé par des neuronnes mal foutu mais le présente plutôt sous un aspect social. Un peu comme Rousseau et la constitution de 1793 affirmaient que la société avait un poids dans la misère, qu'elle en était responsable, et que les pauvres ne devaient pas à eux-même ou à dieu d'être pauvre, que la société devait réparer ce qu'elle causait.

De quoi, les neurosciences seraient de droite ?

Mais non, allons-bon, je ne me permettrait pas... de dire ce que je pense.

Comment va Teddy sinon ?

 

 

 

Commenter cet article