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Le côté de l'oublie (1) : Récit d'un suivi psychologique en situation modérément complexe

Publié le par Scapildalou

Le côté de l'oublie (1) : Récit d'un suivi psychologique en situation modérément complexe

J'ai beaucoup appuyé dans les derniers articles sur les suivis complexes en situation interculturelle de grande précarité, à l'aide d'exemples, de vignettes assez courtes. Ici, ce sera l'inverse, je vais détailler un suivi, toujours dans le même cadre que les fois passées mais chez une patiente avec une précarité moins pluridimentionnelle et surtout avec qui la problématique interculturelle était moins présente quoique toujours là. Je ferai un papier sur la culture sous peu.

Ce suivi a toujours lieu dans le cadre d'un suivi HAD pédiatrique. C'est un cadre particulier au moins pour trois raisons :

-d'une part, c'est un suivi à domicile. Il consiste à se rendre CHEZ le patient avec ce que ça implique (rentrer chez une personne impacte le cadre d'entretien, la personne peut être occupée, les enfants ou les proches peuvent être présents, etc.)

-en pédiatrie, nous traitons surtout des nourissons parfois tellement prématurés (24 ou 25 SA) dont certain au terme du suivi ont à peine l'âge auquel ils auraient dû naîre. Inutile de dire que le bébé en lui-même ne fait pas directement l'objet de l'intervention du psychologue, mais ce sont bien les proches qui vont avoir à répondre et à faire preuve de leur personne

-l'intervention du psychologue se fait en majorité dans le cadre de ce que j'ai nommé ailleurs la demande inversée : le patient ou son proche n'est pas en demande de rencontrer le psychologue, mais c'est bien le psychologue qui va venir non seulement susciter une demande en plus d'en assurer sa légitimation car le psychologue doit justifier sa place en plus de justifier son regard. Il est donc lui-même implicitement en demande envers les patients.

Dans le cas de madame HR, je voudrais aussi souligner en quoi, contrairement à ce qu'avancent les détracteurs de “la psychanalyse”, la critiquant comme s'il en allait d'une secte imbue (certaines offres de services de praticiens TCC, en terme de mensonges, ça vaut du lourd ! ), je voudrais montrer en quoi la psychodynamique (l'approche psychanalytique hors du cadre psychanalytique) peut s'avérer prédictrice. On lui reproche l'inverse, arguant par là qu'elle ne serait pas scientifique.

 

Madame HR

1er entretien :

Mes collègues puericultrices me parlent de Madame HR ainsi que la cadre de liaison avec le sempiternel : “celle-là, c'est pour toi”. Madame HR témoigne d'un stress et d'une tristesse conséquente, selon mes collègues, qui n'en n'ont pas besoin d'autant pour s'alarmer et m'alarmer par la même occasion.

Le premier entretien est particulier, car je me rends chez la personne après un coup de fil (une semaine après l'avoir appelé exactement) avec une stagiaire en soins infirmiers qui va me suivre pour la journée. Nous sommes un mercredi, ça peut avoir son importance. Je précise "une semaine après l'avoir appelé" car je note le jour et les heures où j'appelle les patients jusqu'à ce que j'obtienne un premier RDV. Ainsi, je "corsète" ma mémoire de poisson rouge et je peux répondre, si on me demande si je ne suis pas allé voire un patient, des fois où je l'ai appelé. "Tu n'as pas appelé machin ? Je t'avais demandé d'aller le voir !" "Bon, je l'ai appellé tels jours, à telles heures, il n'a pas répondu..." ça calme, et on redemande rarement, ensuite, de se justifier. A tous les jeunes psy, n'hésitez pas à vous saisir du truc...

Nous arrivons donc chez cette dame avec la stagiaire. Madame HR vie dans un appartement qui a l'air très propre en intérieur - le reste du bâtiment, en extérieur, étant de cette architecture prolétarisée mal foutue que l'on retrouve partout en Guyane faite, comme les auto, pour un climat tempéré et qui résiste de ce fait mal au climat tropical.

Madame HR a les yeux rouges, cernés. Son regard est celui d'une personne dépressive en ce que ses pupilles sombres ont du mal à soutenir mon regard. Ses yeux ne sont pas soutenus par quelque sourire timide, elle ne nous regarde pas, bref, ses yeux crient son mal être. Le fils de Madame HR (c'est son quatrième) est le patient, il est né à 28 SA (semaines d'aménorhée). Il est minuscule. Ma question de départ une fois que madame HR nous a invité à nous asseoir, la stagiaire et moi, à une petite table ronde, est ma question de départ habituelle : “comment s'est passée la grossesse ?” En contradiction avec la première impression, madame HR répond que sa grossesse s'est bien passée... jusqu'àu 6ème mois.

L'accouchement a été précipité car madame a été pré-éclampsie. Elle a eu jusqu'à 17/18 de tension (elle n'en avait pas eu lors de ses trois précédentes grossesses). C'est beaucoup, mais certaines de mes patientes sont montées jusqu'à 21. D'autres sont décédées où y ont laissé un paquet de neurones avant... La pré-éclampsie explique autant la césarienne (CS) que le fait que le bébé est né avec le cordon autour du cou. Il ne voulait pas sortir, ajoute Madame HR, avant de dire “j'ai déjà perdu ma mère il n'y a pas si longtemps, je ne voulais pas le perdre aussi”. La phrase dite de manière anodine ne va pas faire l'objet immédiat de mon investigation. On peut se demander pourquoi : c'est qu'à ce moment, en dépit de toutes ces informations, madame HR me dit toujours, avec ses yeux larmoyant, que tout s'est bien passé. Peut-être suis-je aussi un peu passé à côté mais bien souvent, le premier entretien est un deversoir et il est difficile de se rattacher aux signifiants – rien n'est possible sinon laisser la parole défiler.

A partir de quand s'est déclenchée la tension ? La question est sous-tendue par une hypothèse déterminée par la psychodynamique qui serait que l'apparition au cours de cette grossesse de la tension serait en bonne partie l'effet d'une somatisation. La tension, dit madame HR, est survenue en janvier (nous sommes à ce moment fin avril, début mai), à la rentrée des classes – car Madame HR est institutrice vacataire en primaire, en CP.

Je suis assez circonspect sur le fait que le travail ait pu générer cette tension, même si le travail d'instit n'est pas sans effet sur la santé psychosomatique – ni sur le rapport à la parole et au savoir et donc, doublement, au psy, mais c'est une autre affaire. J'acquiesce en essayant de faire comme si je croyais à cette explication et c'est à ce moment que l'entretien s'emballe.

La tension nerveuse, en revanche a commencé avant. Elle a commencé à cause d'un diagnostic erroné : on avait dit à madame HR que son enfant serait une fille (elle a eu trois garçons) mais, à 3 ou 4 mois de grossesse, un gynéco se rend compte de l'erreur de son collègue (à Cayenne, on voit naître beaucoup de trisomies non detectées, ça aurait donc pu être plus grave ! ) et rectifie le tir : ce sera un garçon.

Il me faut faire une précision ici : naître avec une trisomie est grave dans le sens où non seulement la vie des parents va être infléchie et de plus, les trosimies s'accompagnent souvent de pathologies – cardiaques entre autres – qui ne seront pas sans bouleverser la vie des parents. Dans notres société, l'anticipation de l'enfant, de son arrivée, s'accompagne d'attentes très fortes or les mauvais pronostics, en rendant caduques ces attentes, détruisent aussi les points qui vont faire sens pour les parents et donc générer de la souffrance (pour rappel, en psychodynamique : absence de sens = souffrance).

Le résultat de cette erreur de diagnostic est sévère : déçue de façon dramatique, madame HR admettra s'être tapée sur le ventre ; elle parlera de dépression générée par cette annonce. Je reste fixé sur le croisement de ces deux thêmata : travail/stress + dépression/attentes déçues. Madame HR va alors nous évoquer deux accidents de la route.

Le premier est survenu juste après l'annonce de l'erreur diagnostique. Madame HR dira que son véhicule est sortie de la route, qu'elle avait loupé un rond point (sans grande conséquence). Cette sortie de route fait écho à une autre : elle travaillait à Kourou (en habitant à Cayenne) et devait donc faire le trajet chaque jour, générant une fatigue intense. Elle dira être sortie de route à cause de cette fatigue au retour du travail.

Déjà énormément de choses sont sorties de cet entretien, tout juste interrompu par la visite d'une puericultrice (ce qui fait que nous sommes trois en visite chez madame HR) n'empêchant en rien la mère du bébé d'élaborer.

Deux éléments vont se rajouter : d'une part madame HR a dit avoir commencé le travail d'instit en septembre seulement. Elle a plus de trente ans, c'est une reconversion, elle a quitté son ancien travail (occupé entre 2017 et 2019) après avoir subie du harcèlement dit-elle (à partir de 2018).

Second élément, l'accouchement s'est très mal passé, mais je vais dire, "comme toujours à Cayenne". Si je dois publier quelque chose lorsque j'en aurai fini ici (ou avant), je promet de rajouter des bilans psy faits à des familles qui toutes témoignent des mêmes faits : des césariennes déclenchées trop tard (je renvoie au cas de madame L évoqué dans un autre article qui avait exigé une CS en retenant un médecin par le col, alors qu'elle se vidait de son sang). J'ai en ce moment une patiente qui impute la perte de son bébé à ça, et j'ai bien peur, mais je ne le lui dit pas, qu'elle ait raison. Bon nombre de familles refusent à présent d'avoir des enfants en Guyane, certaines économisent pour se faire soigner plus tard en métropole, d'autres s'en vont carrément de Guyane. Madame HR témoigne des mêmes éléments qui viennent remplir mon “musée des horreurs” : pas de brancardiers pour aller voir son fils, elle ira en marchant sa CS encore ouverte, l'état de bébé qui se dégrade et personne pour le lui dire... C'est le lot des parents à la maternité à Cayenne.

En attendant Madame HR me dira à plusieurs reprises “ils ont retiré le bébé de mon ventre, je n'ai pas accouché” et appuiera sur le fait que l'impression d'être toujours enceinte a perduré en dépit de la naissance de son bébé.

*

Madame HR ne refuse par un prochain entretien. Tous auront lieu à la même heure les mêmes jours, c'est-à-dire les mercredis en fin de matinée.

Pour l'heure, je remonte dans mon “Stepway to Elles” avec l'infirmière stagiaire et nous allons chez une autre patiente dont je ferai aussi le compte rendu du suivi. La stagiaire offre comme tout.es les stagiaires un regard intéressant et pertinant. J'aime bien lorsqu'ils nous accompagnent, j'ai toujours considéré que c'était une des parties les plus intéressante de notre travail. Je lui explique :

-DPP (dépression puerpérale) sévère MAIS...

-mais je doute que la DPP n'ait pu trouver ses racines dans des éléments biographiques antérieurs. Les deux accidents de la route, selon moi, dis-je à la stagiaire, me paraissent être 'des actes manqués' interprétables comme des tentatives de suicide ratées ou au moins comme manifestations d'automutilation (auto-mutilation, si vous le souhaitez). Elles prennent selon moi ce sens au regard d'un autre élément assez choquant à entendre mais qui n'est pas si rare que ça : le fait que madame HR se soit tapé sur le ventre presque comme si elle avait voulu perdre le bébé (c'est ce dont elle a explicitement témoigné - au moment de notre premier entretien, elle dit avoir investit le fait que son bébé soit un fils et non une fille). Automutilations qui ne peuvent renvoyer qu'à une autre hypothèse : par le passé, madame HR a dû faire des tentatives de suicide. Autrement, ces automutilations n'auraient aucun sens, si je me fie aux apports de la psychodynamique.

Ces deux actes manqués ne peuvent renvoyer qu'à une ou des situations lors desquelles madame HR a frôlé la mort et ce, volontairement.

 

2ème entretien

Je dois dire une chose : un monsieur assez âgé, petit, chauve, un petit bidon, toujours en débardeur à la bouille avec des traits allant de Gandhi à Campay Segundo avec un petit air de maître Yoda, le portable branché sur une radio hurlant des émissions politiques en créole Haïtien vie chez madame HR. C'est son père. Là aussi, ça aura son importance.

Je reviens donc le mercredi en fin de matinée. Je demande en guise d'introduction qui est ce maître Yoda qui vit ici, elle m'explique donc que c'est son père. Ce n'est pas exactement qu'il vie chez elle mais plutôt l'inverse : elle vie chez lui. Au décès de sa mère, il y a deux ans, papa ne pouvait conserver le logement. Madame HR a donc engagé des démarches auprès du bailleur pour reprendre le logement afin que le paternel ne se retrouve pas à la rue. C'est louable, mais ça implique de vivre avec lui d'une part et sans trop anticiper, nous nous rendrons compte vous et moi que lors de cet emménagement, les frères de madame HR vivaient eux aussi là lorsqu'elle a emménagé... ça expliquera pourquoi des conflits (elle me dit ça au début de ce second entretien) ont émergé entre son père et son compagnon. “ça me bouffe le moral” dit-elle même si avec le temps ces conflits se sont apaisés. Néanmoins perdurents des insomnies apparues “depuis son adolescence”, date à laquelle je place pour l'instant sa putative tentative de suicide.

Madame HR me dit néamoins ne pas avoir été dépressive jeune, la dépression très forte est apparue me dit-elle après le décès de sa mère, il y a trois ans. Elle m'explique la temporalité : sa mère est décédée en juillet, en août elle a accouché, en septembre elle a effectué la rentrée (elle avait alors repris ses études pour devenir institutrice). Une temporalité heurté et bousculée donc, avec la nécessité de faire le déménagement, ses deux frères étant en plus mineurs...

A ce moment, je fais une seconde hypothèse fortement emprunte de psychodynamique : le fait de devenir institutrice prends source dans une dynamique de rapport au savoir et donc de rapport au monde déterminée par sa relation à sa mère. Le rapport au savoir et le fait de se situer dans la transmission du savoir, le don du savoir, place de toute façon l'enseignant dans une position qui nécessite de mettre en oeuvre la “fonction maternelle, le fait de nourir, prendre soin et ouvrir sur le monde. J'investigue et ne trouve pour l'instant rien de probant même si à l'écrire, je me rend compte que madame HR me raconte un élément de son enfance – prenez note, ça aussi aura son importance ! - à savoir que petite, elle jouait à la maîtrisse sous la table à repasser de sa mère.

J'en profite pour la questionner sur ses parents : son père d'origine cubano-haïtienne travaillait dans le bâtiment, sa mère d'origine haïtienne faisait des ménages. Je n'en serai guère plus avant un moment.

Le suivi ne fait que débuter. Nous allons cette fois entrer de plein pieds dans l'intimité de madame HR, vous êtes avec moi, ensemble autour de sa petite table ronde, dans la salle, et je vous demande de ne pas faire de bruit : elle va parler, je vous demande de ne pas l'interrompre, écoutons-là ensemble.

Madame me parle de septembre 2018 (elle est née le 15) – rappelez-vous, ça commence à prendre forme, c'est à cette date qu'elle avait dit avoir commencée à être harcelée au travail. Elle me dit alors “s'être donnée à quelqu'un”. Le compagnon de madae HR ne se gênait pas pour aller voir ailleurs (PS : vous qui êtes assis.es à côté de moi, vous noterez que j'ai ostensiblement posé mon stylo pour que madame HR ne doute pas du fait que sa parole ne laissera pas de traces visibles, que je suis à son écoute, qu'elle peut foncer). Elle exerce alors un job dans l'administration, son cadre est un homme marié avec qui elle ne s'entendait pas, mais ils vont progressivement se “rapprocher”. Ils écoutaient des chansons mélancoliques, il était amoureux, vraiment et au fond, elle aussi. L'homme n'était pas psychologue car il voulait lui offrir une voiture (nous verrons que Madame HR est excessivement mal à l'aise avec les dons, nous proposerons une expliquation). Il faut dire qu'offrir une voiture à sa maîtresse alors qu'elle n'a pas d'argent, c'est presque comminatoire, c'est une invitation à la dame de rompre son couple : vous rentreriez à la maison en disant “chérie, j'ai une nouvelle voiture, c'est mon chef qui me l'a offerte” ?

“Je n'ai jamais rien accepté de lui” dit-elle, parce qu'elle ne voulait pas avoir à se justifier de quoique ce soit.

Dur à vivre ce quotidien ! Sans le dire à personne (attention lecteur lectrice, ça va jaser !) sans le dire à pesonne donc elle pose sa démission et trouve un job ailleurs pour prendre de la distance avec ce cadre. Elle est embauché, et directement on lui présente son nouveau cadre avec qui elle devra partager son bureau... C'est son amant ! Lui aussi a démissionné sans rien dire à personne et a postulé dans la même boite !

Leur relation est telle que certains collègues leur demanderont de faire attention. Ça se voit qu'ils sont amoureux ou au moins qu'ils partagent des relations intimes. Madame HR va tout faire pour se faire licencier, ce qui va marcher, et quitter ce job et son amant, cet amant dont la femme venait de tomber enceinte après que madame HR ait refusé de tout quitter pour partir avec lui. Elle a hésité, beaucoup, parce qu'il l'aimait, beaucoup.

Résultat : quelque jours avant son anniversaire et quelques semaines après la mort de la mère de Madame HR, l'amant va se suicider. Madame HR avait du mal avec les cadeaux, accepter les dons n'étaient pas facile, ça ne va pas s'arranger me dis-je. Je me dis surtout que ce suicide vient mal combler la question du suicide chez madame HR que j'avais posé la fois passée, car ça ne colle pas vraiment à l'hypothèse posée.

L'amant a laissé une lettre, madame HR le sait, elle s'est plus tard rendue chez la famille de son amant, par contre elle ne sait pas ce qu'il y a dedans. Elle a aussi été contacté, une fois seulement, par la femme de cet amant.

 

3ème entretien

Je reste néanmoins sur ma fin. Je n'ai quasiment rien de l'enfance de madame HR, guère de choses auquel me rattacher. Je lui pose des questions sur son compagnon. Ce n'est pas son mari, elle refuse de se marier avec lui.

Je pose les choses : écoutez, lui dis-je, vos deux accidents de voiture, je ne pense pas que ce soit de vrais accidents (d'autant plus qu'elle me dira n'avoir rien dit à son mari de la sortie de route au retour du travail ! ), je pense que ce sont des actes manqués. Elle ne sait pas ce qu'est un acte manqué, je le lui explique. Notons qu'elle regardera sur internet entre cet entretien et le suivant.

Je reprends après ça ma synthèse : je pense donc que ces accidents sont des actes manqués et je crois qu'ils renvoient à une autre situation. Je laisse planer le silence avant de m'expliquer : vous avez fait une tentative de suicide au cours de votre adolescence. Madame HR ferme les yeux une seconde et me répond : “non... ce n'était pas au cours de mon adolescence”.

Elle me raconte avoir surpris d'une certaine manière que je vais taire mais qui est plutôt croustillante et, dirai-je, on ne peut plus humiliante, avoir donc surpris son compagnon en train de la tromper avec une personne de leur entourage. Elle s'en est aperçue après avoir fait un voyage “sur un coup de tête” en métropole avec une de ses deux soeurs.

Cette fois c'est trop dur et ça fait en plus écho aux souffrance de la propre mère de madame HR qui a aussi souffert des tromperies de son mari, M.Maitre Yoda qui vie encore au domicile, radio à fond dans la poche de son jean, diffusant un repportage sur la coupe du bois. Il passe derrière nous, les larmes viennent aux yeux de sa fille qui s'interromp quelques secondes avant qu'il ne reparte. La tentative de suicide est sévère ; je ne suis pas certain, mais il me semble que la personne qui l'a trouvé allongée sur le sol en train de se mourir est la personne avec qui son compagnon l'avait très salement trompé...

On comprend mieux le fait que madame refuse de se marier après ça, et je ne vous dis pourtant pas la pression en ce sens de son compagnon – je ne vous dis pas non plus ce que je pense du courage qu'il faut pour continuer à lui refuser ça.

 

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