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La guerre expliquée aux pacifistes

Publié le par Scapildalou

Le pacifiste est une espèce politique dure envers le militaire. Il ne comprend rien à la guerre, à son intérêt, à sa philosophie. Ce texte vise à faire la paix entre pacifistes et militaires en expliquant aux premiers la spécificité de l'activité des seconds. Car la guerre est pleine de subtilités, créant chez l'esprit obtus, de nombreuses incompréhensions.

 

Premièrement, la guerre vise à tuer. Car en effet, rien n'est plus écarté de la guerre que laisser en vie un ennemis. Oui, certes, mais la guerre ne vise pas à tuer n'importe comment !

Car une personne tuant dans la chaleur d'une altercation est un meurtrier.

Une personne tuant par professionnalisme est un assassin.

Une personne tuant par plaisir est un psychopathe.

Une personne agissant dans le meurtre de masse est un sociopathe.

Une personne mettant en place des pièges pour attirer ses victimes est un pervers.

Le militaire est tout ça à la fois. Et parce qu'il réunit toutes ces qualités, à chaque fois qu'il tue, une médaille lui est attribuée.

 

*

 

Jacques London disait que la guerre vise in fine à introduire d'une manière ou d'une autre, un morceau de fer dans le corps d'un adversaire ou d'une personne jugée comme telle. C'est vrai, même si des subtilités existent. Dans certains cas, le gaz peu se substituer au fer et même, dans d'autres, diverses méthodes peuvent affecter la structure interne des adversaires sans atteindre le matériel dont il use ni les infrastructures afin que ces dernières servent à l'économie de l'assaillant – attention à ne pas confondre toutefois les prises de guerres avec le pillage ou le vol. Le pillage et le vol étant du chapardage fait par de néfastes individus. Les prises de guerres sont du chapardage faites par un état de droit et de ce fait légales. La nuance est de taille.

Nous disions donc que la guerre vise à détruire le corps des adversaires suivant les différents niveaux de perversités évoqués ci-dessus et parce que multidimensionnels, pouvant donner droit à une médaille. Ainsi la guerre est similaire à une sorte d'opération chirurgicale dont le but serait justement de louper le patient. Notons à ce titre que la guerre moderne se veut chirurgicale. C'est pour cette raison que le bombardement de l'Irak en 1991 a vu en quelques jours être déversé par les pays les plus avancés du globe une quantité de bombes similaires à ce qui avait été largué durant l'ensemble de la seconde guerre mondiale, mais cette fois sur un territoire grand comme la moitié de la france. C'est là, probablement, l'effet de la démocratisation de la médecine moderne.

Lors de la seconde guerre mondiale, 4% des bombes alliées atteignaient leur objectif. Cette fois, nous rassurent les militaires, 99% des bombes ont atteint leur objectif. Autrement dit, l'équivalent de toutes les bombes alliées larguées sur les villes allemandes ont ainsi loupées, durant la guerre d'Irak, leur objectif, sur une zone cette fois grande comme quelques villes de la taille de Paris.

La chirurgie a encore quelques progrès à faire.

 

*

 

Le pacifiste a tord de critiquer l'armée ! Car organiser une bande d'hommes qui doivent à la fois mettre en œuvre les qualités assez rares d'assassins, de meurtriers, de psychopathes, de sociopathes et de pervers tout en faisant que la rapine relève du seul fait de l'état de droit est une gageure majeure. Organiser un repas entre amis est déjà difficile, alors imaginez la tâche qui est celle de toute armée !

Car pour transformer un homme normal en brute assoiffée de sang n'ayant au moment fatidique aucune difficulté à user de son outil chirurgical, il faut toute une ingénierie somme toute très complexe. Heureusement, la guerre est grandement facilité par toute une somme d'artefacts. Au jour d'aujourd'hui, par exemple, les jeux vidéos jouent un rôle essentiel. Le jeu Total War par exemple donne une médaille au joueur qui tue plus d'un million d'adversaires. Une autre dès lors qu'il a assassiné plus de vingt diplomates. Le jeu est soldé à 3€.

D'autres jeux permettent de se faire un esprit de tueur dans les ruines en jouant des soldats nazis pétaradant à tout va. Car derrière chaque nazis se cache un homme, c'est bien connu – même s'il se cache très bien, mais vraiment très-très bien.

 

L'armée vente ainsi le sport, la camaraderie, le fait de voire du pays, etc.

Et elle le peut, car l'armée est amour !

La preuve réside en ce que chaque passage de militaires sur le champs de bataille s'accompagne de distributions d'amour aux femmes et enfants du pays. Certains soldats de l'armée françaises ayant filmé ces preuves d'amours contre rémunérations faites à des enfants en centre afrique. Le paiement plutôt que l'amour donné spontanément fait partie des stratégie de développement humanitaire. Nuances...

 

*

 

Le problème de l'armée est qu'en chaque soldat se cache un pacifiste, parfois même il affleure très vite. Car une fois que le militaire est entraîné à faire du sport, à vivre sa camaraderie de caserne, il se prend souvent de doute au moment d'user de son outil chirurgical. Pour se faire, les concepts d'honneur, d'héroïsme ont été forgés, mais il ne suffisent pas toujours à ce que le militaire n'éprouve des remords ou même pire, des doutes. Et l'évocation de l'amour de la patrie à défendre est cette fois une façon d'évoquer que le soldat peut à son tour faire l'offrande de son corps à l'idéologie de l'état de la même façon que les civiles peuvent faire objet des preuves d'amours de ces mêmes soldats.

Pour ce faire, l'état ou ce qui en tient lieu en mettant en place cette magnifique institution articulant pervers, assassins, sociopathes, etc. se doit d'utiliser des services mettant en places d'autres types de pervers ainsi que quelques paranoïaques que l'on nomme « les services de renseignements ». Ces services visent à étudier un adversaire où qu'il soit. Cet adversaire est en général ce qui permet à l'armée de justifier son existence. Deux choses la menacent : des ennemis qui cherchent eux-même à justifier l'effort énorme que représente l'entretien d'une armée. Ces ennemis sont de bons ennemis, mais ils se font rares !

Un autre groupe représente justement ceux qui pensent que l'armée ne sert à rien et qu'il faut la supprimer. Ceux là sont souvent ceux que l'on nomme les « ennemis de l'intérieur ». Ainsi une bonne partie de la protection de l'état vise à surveiller ceux qui par leur existence sont sensés justifier l'existence de la protection de l'état. L'armée se trouve donc à lutter contre ceux qu'elle est sensée protéger.

Or, nous l'avons dit, parmi eux existent aussi des militaires qui répugnent à tuer, car la chose existe. Quoiqu'il en soit, pour ne pas mettre à mal le sens de l'armée, une armée d'état de l'intérieur a été crée : la police. En effet, les soldats se sont souvent montrés promptes à retourner le discours tenu concernant « la protection des populations » pour mettre en doute le fait d'avoir à user de chirurgie sur ces mêmes populations. La police n'a pas ces scrupules puisqu'elle lutte contre le désordre intérieur.

Cette façon de retourner le discours de celui qui vous nourrit est bien signe que l'armée est une institution de pervers.

 

*

 

L'armée offre à ceux qui ont un complexe un objet de substitution non négligeable : une arme. L'arme est ainsi l'objet d'un culte virile qui permet au biffin de se sentir porter sur la poitrine ce qui lui manque ailleurs, à quelque endroit du corps que ce soit. Ainsi, astiquer la pétoire est un complément d'humanisation non négligeable. Le pacifiste est ainsi l'anti humilité par excellence puisqu'il se sent autosuffisant ; il est trop comblé par lui-même qu'il n'a pas à user du monde environnant pour s'humaniser. Le militaire, lui, ne se sent pas aussi sûr de sa propre puissance. Pas de totem = pas de tabou. Le militaire a son totem : le flingue. Il a son tabou : la peur.

De ce fait, c'est ici que se loge la question de la virilité. Le pacifiste admet avoir peur. Le militaire apprend à porter un flingue : nuances. Il considère que la personne qui a peur et qui ne porte pas de flingue est un faible, une fiotte, une pédale, une gonzesse.

Mais il aime les gonzesse pourtant ! Car son dur labeur de meurtre (le pacifiste ne sait pas comme tuer est compliqué, puisqu'il s'y refuse - par dégoût de l'effort dans bien des cas) nécessite un repos : celui du guerrier. Et c'est ici qu'on voit que la nature est bien faite. Car le militaire meurt, c'est son métier. En attendant le repos éternel, le repos du guerrier sert à fabriquer ces petits bouts de chair qui auront ensuite eux-même à se faire découper par le canon.

*

Ainsi, le pacifiste n'est rien d'autre qu'un militaire qui ne s'assume pas. Il est un militaire qui ne comprend pas l'effort. Il est trop imbu de lui-même pour aimer les armes, et n'a aucun tabou, puisqu'il ne refuse pas la faiblesse.

Mais le pacifiste peut vite changer. Il peut se prendre au plaisir de l'effort, à celui de courir sous les balles. Le pacifiste peut apprendre à porter l'arme et eventuellement devenir un sociopathe sélectif.

Et dans bien des cas, on l'appelle "Révolutionnaire"

 

 

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