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Sur le concept d'Etat

Publié le par Scapildalou

Je vous propose deux articles afin de partager ma réflexion sur le concept d'état. J'ai préféré le diviser en deux pour la simple et bonne raison que la première partie ci-dessous est peut-être un peu brouillon, mais il me semble important de partager ces prémisses qui m'ont conduits à la conclusion érigée dans le second article - conclusion relatives au nouvelles formes d'état.

 

Le présent article vise donc à proposer un regard réflexif sur le concept d'état.

 

*

L'Illibéralisme évoqué par M.macron a été conceptualisé par Fareed Zakaria (voir : https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/orban-et-kaczynski-comment-la-democratie-devient-illiberale ). Des dirigeants d'extrême droite Européen connaissent ce concept et savent s'y référer. Il faut être idiot, attardé ou complice des gouvernements « illibéraux » pour s’épancher sur la question seulement maintenant.

 

1-Prémisses

1.1-Des gouvernements acceptables

 

C'est pour éviter l'écueil suivant que j'écris, mais en 2007 déjà, j'avais pour ma part envisagé ce changement de nature de régime. L'alors candidate à la présidentielle Mme.Royal avait laissé une saillie hors du commun lui échapper lors d'une visite en chine, affirmant que la justice y était efficace, eut égard à la vitesse à laquelle les personnes y étaient jugés par les tribunaux. On se rappelle qu'une très grande partie des dirigeants du monde jugeaient acceptables les mensonges de Bush pour lancer la guerre en Irak, le référendum de 2005 rejeté par plus de 55% des votants passait en douce, des signes de plus en plus grands de rejets de l'expression populaire par les dirigeants pointaient quand derrière, les diplomates des pays occidentaux continuaient à vanter les progrès des pays dirigés par des dictateurs. En 2013, L'ex mari de Royal, qui avait réussi là où son ancienne épouse avait échoué, en pleine révolution arabe, soutenait les progrès démocratique au maroc – alors que la révolution venait d'y être matée dans le sang et que mes amis là bas me demandaient de ne surtout pas évoquer en public le nom du roi, et si possible en privé non plus. Des marocains disparaissaient sans laisser de trace après s'être prononcé contre le roi. On se souvient des dirigeants français se dépêchant de livrer des armes aux dirigeants tunisiens et libyens avant qu'il ne soit trop tard, se ravisant seulement lorsque les opinions publiques s'émurent. Et encore, parce que le canard enchaîné s'y mêlait aussi, mais les armes et savoir-faire en matière de maintient de l'ordre étaient vendus dans les tyrannies du golf, et cette fois, les massacres se firent loin des caméras.

 

Bref, les dirigeants occidentaux ne se sont fâchés des dictatures, globalement, que lorsqu'elles étaient dirigées par des gouvernants rejetant l'impérialisme. Pour le reste, les dictatures au proche orient, en afrique, en amérique du sud, en asie restèrent des partenaires commerciaux et diplomatiques valides.

 

De façon croissante, ces gouvernements étaient blanchis de toute critique quant à leur oppression, et seules les relations de nos dirigeants avec la russie et la chine, en fait deux états aux velléités de développer un impérialisme hors de celui tenu par les anciens alliés de la guerre froide, étaient questionnées sur le versant des droits de l'homme par des journalistes.

 

Forcément, il ne faudrait pas croire que les dictateurs du monde entier restassent dans une optique les faisant ressembler aux personnages stupides des films parodiques comme Hot Shot par exemple. Ces tyrans, se souciant de garder leur place, n'ont pas manquer de prendre un virage idéologique et socio-technique pour maintenir leur pouvoir et les profits qui vont avec. Et le maroc devint un régime totalement acceptable, quand au final autant de personnes y disparaissent pour contestation qu'aux grandes heures des dictatures sud-américaines.

 

 

1.2-La démocratie vidée

 

Mais les critiques des dictatures du monde poussent à se poser la question sur ce qu'est la démocratie.

 

https://www.youtube.com/watch?v=s6ylqpyik9M

 

 

Cette vidéo, c'est bien entendu de l'humour, mais au cours des années 2000, les dirigeants et idéologues du monde entier ont eu tendance à réduire la démocratie au seul vote, sinon au seul moment du vote. Certes, l'alternance et un minimum de liberté de presse assurait aux dirigeant une légitimité démocratique si jamais leurs pays étaient visibles sur la carte des nations ; pour les autres, les dictatures africaines ou d'autres lieux du monde inexistants dans les représentations populaires et surtout journalistiques du planisphère n'avaient qu'à assurer un minimum de commodités aux clients du club med pour devenir de « grands-hommes politiques ».

 

Non, la démocratie n'est pas le vote, elle n'est pas le seul moment du vote et ne repose même pas nécessairement sur lui. Elle ne peut se réduire à une élection. La démocratie n'est peut-être même pas non plus le seul régime acceptable, si tant est qu'il y a un accord sur ce qui est acceptable.

 

En quelques décennies, la démocratie est devenue une sorte de label vide de sens, et certaines dictatures furent mieux acceptés que des pays gouvernés par des élections libres, avec une presse libre, et des services publics conférant aux populations une qualité de vie plus qu'acceptables, surtout au regard de ce qu'il se fait dans les pays voisins, et l'on pense au Somaliland qui n'est toujours pas reconnu par la communauté internationale.

 

En france et en europe, la fin des années 1990 et le début des années 2000 a vu naître tout un corpus théorique conceptualisant en détail « la démocratie participative ». Parce qu'une démocratie ne pouvait pas l'être (participative) ? Et ces travaux, mis à part quelques articles critiques, expliquaient au fond comment établir un débat public sans faire participer les citoyens. Prière d'écouter dans le fond de la salle, que monsieur l'expert ait fini d'expliquer pourquoi il faut faire un projet gâchant le paysage...

 

 

1.3-La question de l'organisation sociale

 

Dommage que la question de la gouvernance sans gouvernants ait été posé sérieusement uniquement par des anarchistes ; mais il ne faut pas non plus leur reprocher le manque d'empressement des chercheurs et universitaires à créer des axes de recherche en ce sens – universitaires et « intellectuels » dont les plus médiatiques au contraire n'ont jamais trop hésité à soutenir les gouvernements en place. D'ailleurs, nombre d'entre eux se sont posés la question de la bonne gouvernance dans leurs universités, réflexions qui auraient gagnées à intégrer les effets négatifs pourtant flagrants de leurs propres modes de gouvernances créant des mouvements de grèves des cycles de répression, etc.

 

Les organisations sociales se sont très tôt développées, dans l'histoire des sociétés humaines, autour de centres de pouvoir. Mais là n'est pas au fond le problème ; nous sommes concernés par la nécessité d'être gouverné en l'état des choses et si possible en attendant d'inventer mieux. En des zones (europe – asie – amérique du sud), se sont développés puis exportés des modes de gouvernance bureaucratiques favorisant la naissance de formes d'état « imposants » VS des villes vivant d'industrie et d'un arrière pays restreint, comme c'était encore le cas en italie par exemple au XVème siècle. Mais les villes avaient bien plus d'importance, notons-le, même en france, à cette époque.

 

Marx permettait d'analyser les formes de dominations grâce au matérialisme dialectique historique. Les formes de gouvernance, a-t-il démontré, étaient tributaires des moyens technologiques. Les rapports sociaux dans leurs totalités sont toujours et de tout temps tributaires des moyens technologiques. L'organisation sociale dépend donc des technologies existantes or il est clair que l'évolution récente des technologies, surtout au regard de leur mise au service de la domination capitaliste avec tout le poids et la violence dont elle sait faire preuve, n'allait pas manquer d'impacter les formes de gouvernance.

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