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Sur le concept d'état (2)

Publié le par Scapildalou

2-Nouvelles formes de l'état

2.1-Un état non-tiers

Dès lors les états ne pouvaient plus avoir les mêmes missions qu’auparavant. D'un soucis de l'intérêt public, les dirigeant sont devenus non plus de seuls alliés mais ils ont été phagocytés par l'idéologie managériale. Le gouvernement de M.macron contient plus de personnes issues des RH qu'aucun gouvernement dans le monde. Et désintéressé par la possibilité offerte par la loi de devenir avocat, nos anciens dirigeants deviennent plutôt hommes d'affaire. Un Pierre Jox qui devient avocat commis d'office, fait dans ce cadre l'effet d'être un extra-terrestre.

Abandonnant sa place de tiers-arbitre, l'état devient un outil de dérégulation/re-régulation ayant pour objectif de défendre des intérêts privés et d'assurer leur continuité.

Les nouvelles formes d'état ne sont donc presque plus sous-tendues par le soucis du bien public mais seulement par la mise en place de normes comptables favorisant le maintient des grands groupes ou acteurs sociaux capables de manier cette modalité de discours, puisque les petits n'ont plus de possibilités de se tirer de la masse administrative qui leur est imposé.

En bref, le libéralisme économique a totalement éteint les dernières flammes du libéralisme politique.

 

 

2.2-Un état non régalien

Puisque tout devient commercialisable, les missions que l'on apprenait être régaliennes et consubstantielles au rôle de l'état sont désormais privatisées de façon croissantes. La police fait place à des des vigiles privés, l'armée n'est plus qu'une vitrine pour vendre des armes pointes à des sociétés privées, la justice est envisagée sous un angle nouveau pouvant ne plus avoir à rendre des comptes aux états, voire même certains tribunaux comme ceux décrits dans le CETA pourraient condamner les états... sans légitimité du peuple qui ne serait plus souverain, mais comme les chefs d'état sont élus, on fait croire que, comme si l'on jouait à touche-touche, puisque les représentants des états qui mettent fin à leur propre légitimité ont été élus, alors c'était comme si ces tribunaux étaient légitimes.

Par exemple, les révoltes actuelles au Honduras ont pour toile de fond la privatisation (la vente à des entreprises privées) de villes et de pans entiers de territoires sur lesquels ces grands groupes pourraient exercer des fonctions de justice et de police.

Bref, les états mettent fin aux missions qui leur étaient dévolues et la souveraineté se déplace vers les groupes industriels sur des espaces et des lieux plus ou moins fluctuants, plus ou moins fixes, puisque ces grands groupes ne recherchent pas la possession territoriale comme assise légitime mais la maîtrise d'une main d'oeuvre et de ressources (qui peuvent se confondre à certains moments avec la maîtrise d'un territoire). Finalement, l'état devient un bailleur de territoires et de zones de ressources, rien d'autre.

 

 

Conclusion sur la nature de l'état :

La nouvelle forme de l'état s'écarte donc de son ancienne mission de position de tiers-arbitre (et donc de justicier) pour une activité de centralisation et de définition des préoccupations normatives de grands groupes industriels et financiers, soutenant que le bien-être de ceux-ci entraînera le bien-être de l'ensemble de la société. Sans que des preuves tangibles ne viennent soutenir ce lien qui, si on l'étudie, même sans trop de finesse, paraît exagérément tiré par les cheveux.

 

L'état devient un bailleur de ressources et d'espaces dont la maîtrise est loué à des groupes existants seulement en des formes nouvelles, fluides. Certains de ces groupes n'existent par exemple presque que de façon dématérialisée, leur seule existence matérielle se résumant en une boite aux lettres dans des îles d'on ne sait quel pays...

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