Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sortir de l'ombre ou entrer dans l'obscure

Publié le par Scapildalou

1-La faille réflexive

 

La réflexivité telle que nous l'avons définit est une faille ; elle apparaît comme un événement inattendu à un endroit où les questions ne se posaient pas ou bien à un endroit où les questions se posaient d'une certaine manière – manière qui devient désuète du fait de la réflexivité.

 

De fait, les certitude ne sont considérée comme telles que lorsque nous sommes confrontés à un doute, de même que la question de la liberté ne saurait naître dans un groupe s'il n'y a de pression qui se pose. Pour le dire autrement, je sais que je suis certain si je suis confronté à l'incertitude, sinon pourquoi dire que je suis certain.

 

Le doute est l'introduction d'une non-continuité dans un ensemble qui jusque là s'agençait sans problèmes. Et c'est justement le fait qu'il y a cette non-continuité qui détermine la naissance du problème. Or la naissance est nécessairement sociale ; sa révélation devient alors connaissance lorsque l'ensemble devient réajusté.

 

Mais une faille, à partir d'un certain niveau d'écart, peut provoquer un effondrement de la structure ; si je suis confronté à des éléments qui vont totalement contre ce qui était avant évidence, alors le savoir d'avant n'est plus savoir, il est croyance. Le savoir colle aux éléments, les croyances sont portées par les hommes.

 

 

2-L'identité et la faille

 

« Je crois que... » signifie alors que dans le savoir est injecté une part de subjectivité quand dans la connaissance on admet que le savoir entre en l'homme.

 

« Là où deux principes se rencontrent effectivement qui ne peuvent se concilier l'un l'autre, résumait Wittgenstein dans de la certitude, chacun traite l'autre de fou et d'hérétique. »

 

Le savoir a une dimension sociale et la croyance est la part revendicatrice de cette identité.

 

« Pour ma part, je crois que... » la croyance est alors une place revendiquée dans un système de con-naissances. Il est difficile d'imaginer une croyance sans dogme, en rappelant que dogme est a entendre comme « décors » - mais un décors dans lequel prend place la question du pouvoir et des jeux d'acteurs.

 

La personne s'implique, c'est-à-dire, au sens étymologique, se mets dans des liens, dans une croyance et dès lors c'est toute une construction psychosociale qui est édifiée. Donc ce en quoi je crois a une influence sur moi, du fait qu'en affirmant mes croyances, je suis catégorisé, j'amorce un système de pensée chez l'autre et définie chez moi une prise de position sociale – donc la place dans laquelle j'affirme me situer par rapport à l'autre.

 

Convaincre, c'est vaincre avec. Avec quoi ? Avec les croyances que l'on possède.

 

 

3-La croyance est "pour soi"

 

Mais il ne faut pas lier seulement la croyance à un système psychosocial ; l'attachement à la croyance est souvent réel, il renvoie à l'intime. L'adhérence à la croyance ne peut faire de doute, sinon c'est que l'on n'est certain de la vérité.

 

Deux choix s'offrent alors. S'il n'y a d'adhérence à une croyance, c'est l'identité qui est mis en jeu c'est le moment d'entrer dans un dispositif de réflexivité, dont l'issue est la construction d'un nouveau soi. De l'ombre introduite dans un système de pensée, naîtra une nouvelle lueur, celle de nouveaux cieux. Si ce n'est le cas, au moins pourra-t-on se reposer à l'ombre des connaissances anciennes. On a le droit de croire en ce que l'on veut.

 

Une autre issue s'offre à cette crise : celle de vivre le conflit et de s'identifier à lui. C'est le cas des complotistes par exemple, des provocateurs. Discuter avec eux est alors vain puisqu'ils amèneront nécessairement des éléments contre tout système de pensée – y compris le système rationnel. Ils gardent à peine ce qui leur permet de savoir que leurs pieds touchent terre.

 

 

 

 

Commenter cet article