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Les mains fatiguées

Publié le par Scapildalou

Cette chanson que l'on peut entendre dans le film de Pierre Carles (Attention, Danger Travail) s'ancre dans une réalité séculaire. En effet, quelle est la voix de ce vieil homme expulsé, ainsi qu'il nous le dit, comme un vieux chiffon ?

Qu'elle est cette plainte, qu'est-ce qui sourde de l'histoire des hommes dans ce chant ?

Avant ce n'était pas mieux, avant on mourrait du travail mais très vite. La différence, c'est que les hommes possédaient en partie leurs moyens de production. Ils disposaient de leurs ateliers à domicile et, si une régulation réelle avait eu lieu, alors il n'y aurait point eu besoin d'industrialisation totale pour que le développement et le progrès social profite à tous.

Au lieu de cela, afin d'accroître leur capital, la bourgeoisie se servit des machines puis expropria, à travers le taylorisme, les ouvriers de leur savoir. La production eu de la valeur parce que les ouvriers étaient exploités, et non pour le travail qu'ils réalisaient.

C'est dans le geste que l'homme exista, dans le geste et avec les autres. Le collectif devint porteur d'une identité, le geste un stigmate de l'appartenance sociale.

Alors, jeté comme un vieux linge, on dit au vieux qu'il n'existe plus, on le prive de son groupe, de son geste, de son identité.

A travers cette complainte, c'est l'humanité aliénée que l'on entend, cette humanité au travail que l'on n'écoute pas – l'homme passe du temps au travail, mais qui pour écouter ces gestes ridicules en apparence que les mains effectue, les corps qui s’abîment entre des murs par trop resserrés ?

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